Archives privées - Germaine Fabricatore 

Germaine Fabricatore est née en avril 1933 à Tlemcen  dans l’Ouest algérien. Elle commence à travailler à 18 ans dans l’administration publique, se marie et déménage à Alger. Elle et son mari, qui ont longtemps espéré voir l’Algérie rester française, décident toutefois de quitter le pays à l’été 1962. Devenue professeure d’histoire, elle est élue, à sa retraite, présidente de la délégation du Rhône de la Fédération nationale des rapatriés.

Germaine Fabricatore revient sur les moments clés de la décolonisation algérienne. Contrainte à l’exil, aujourd’hui active dans une association qui défend et entretient la mémoire pied-noir.

Biographie
Née en 1933 à Tlemcen, Germaine Batty épouse Fabricatore, est élevée dans une famille patriote où se transmet la mémoire de la Première Guerre. Elle a par ailleurs de vifs souvenirs de l’Algérie pendant la Deuxième Guerre mondiale. En grandissant, elle côtoie peu d’Algérien.nes. Elle vit plus tard l’indépendance comme un renversement des valeurs dans lesquelles elle avait grandi.
Dès 18 ans, elle commence à  travailler dans l’administration publique à Alger et se marie avec un descendant d’immigré.es italien.nes. Elle vit toute la guerre d’Algérie en travaillant dans l’administration et en s’occupant de ses enfants jusqu’au départ de la famille à l’été 1962. De 1954 à 1962, elle se tient informée de l’évolution du conflit avec la radio, continuellement allumée, et les journaux. Les Fabricatore sont soulagés de l’envoi du contingent en Algérie et s’habituent à voir des militaires dans la ville, notamment lors de la bataille d’Alger en 1957.
Durant la IV° République, Germaine Fabricatore se sent peu concernée par la vie politique, mais s’intéresse aux événements, à l’évolution militaire et politique du conflit. Elle est horrifiée par les massacres d’août 1955. Elle s’implique en manifestant lors de la venue de Guy Mollet à Alger en février 1956. Après le bombardement de Sakiet Sidi Youssef le 8 février 1958  et le « putsch d’Alger » le 13 mai 1958, le rappel du général de Gaulle l’a rassurée comme beaucoup de Français.es d’Algérie. Pour eux, les discours du général signifiaient le maintien de l’Algérie comme département français. De plus, Germaine Fabricatore a dû travailler sur le plan de Constantine et pour elle, si l’Etat français investissait autant, cela voulait dire qu’ils allaient rester. Plus tard, elle soutient le putsch des généraux et la création de l’OAS. 

Elle quitte l’Algérie durant l’été 1962. Arrivée en France, elle s’installe dans la région lyonnaise. Elle rentre ensuite à l’université, passe le CAPES puis l’agrégation et devient professeur d’histoire, une discipline qu’elle a toujours aimée. C’est lorsqu’elle prend sa retraite qu’elle entre dans la délégation du Rhône de la Fédération nationale des rapatriés. Bien que tous les membres n’aient pas la même vision de l’histoire, Germaine Fabricatore est très attachée à la mémoire. Ainsi, plaide-t-elle pour que le massacre d’Oran du 5 juillet 1962 soit commémoré. Son association est par ailleurs en désaccord avec la FNACA et le choix du 19 mars comme date de commémoration de fin de la guerre d’Algérie. Elle s’accommode de la date du 5 décembre choisie par un comité d’historien.nes puisque c’est une date qui ne correspond à aucun événement en particulier. Elle participe aux autres commémorations, notamment le 25 septembre, date de la journée nationale d’hommage aux Harkis.